La biopharma lyonnaise, spécialisée dans la production d’anticorps destinés aux situations d’urgence sanitaire, vient de décrocher sa première autorisation de mise sur le marché. Des contrats ont d’ores et déjà été signés avec quatre États européens.

C’est une première mondiale. La start-up biopharmaceutique lyonnaise Fabentech (50 salariés), – créée en 2009 et détenue aujourd’hui majoritairement par l’Institut Mérieux et Definvest (fonds français dédié aux PME stratégiques de la Défense) -, vient d’obtenir une autorisation de mise sur le marché pour son antidote contre les empoisonnements à la ricine. Il s’agit d’un traitement à base d’anticorps polyclonaux à large spectre, produits à partir d’un procédé licencié par Sanofi-Pasteur, et base de toutes les recherches et développement de Fabentech.

La ricine est une des toxines végétales les plus dangereuses au monde, tout en étant très accessible. Elle peut provoquer la mort des personnes exposées en quelques heures. Elle est estimée, par exemple, 6 000 fois plus dangereuse que le cyanure. Une propriété qui n’a pas échappé aux bioterroristes : des attaques à la ricine sont régulièrement mises à jour un peu partout dans le monde. Jusqu’ici, aucun vaccin ni aucun remède n’était commercialisé.

20 millions d’euros de commandes déjà enregistrées

Fabentech travaille sur le sujet depuis plusieurs années, sollicitée par l’Armée française. Un contrat de développement avait été signé avec la DGA et le Service de Santé des armées, parallèlement à l’entrée à son capital en 2020 de Definvest.

Des contrats ont d’ores et déjà été signés avec quatre États européens pour des livraisons en 2026. Hormis la France, les autres clients étatiques restent pour l’heure confidentiels. Ils vont générer un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros pour Fabentech, soit cinq fois plus qu’en 2025. Des discussions seraient par ailleurs menées avec d’autres zones géographiques.
Deux nouvelles autorisations de mise sur le marché de produits de lutte contre le bioterrorisme sont attendues d’ici à 2030 (cibles confidentielles) ainsi que deux AMM concernant cette fois des maladies infectieuses émergentes : un remède contre le NIPAH qui affiche un taux de létalité élevé et un vaccin contre une famille de huit sarbecovirus responsables de pathologies respiratoires sévères.

Source : La Tribune