Récemment inauguré, le premier démonstrateur de recherche et de développement en France va produire des molécules d’intérêt thérapeutique pour la santé humaine.
Les microalgues produisent naturellement des molécules précieuses pour la santé : protéines, pigments anti-inflammatoires, vésicules thérapeutiques … Pourtant cette ressource est encore peu exploitée. « Seul un tiers des microalgues sont identifiées », indique Antoine Goullet, directeur-adjoint Recherche du Pôle Sciences et Technologie et professeur des universités à Polytech Nantes.
Un sujet sur lequel va donc se pencher Gepea, l’un des plus grands laboratoires français en génie des procédés et bioprocédés, réunissant 240 chercheurs, ingénieurs et doctorants issus du CNRS, de Nantes Université, d’IMT Atlantique et d’Oniris. Avec d’autres acteurs de la région Pays de la Loire, il vient d’inaugurer ce 1er février un démonstrateur de R&D « inédit en France », se félicite Pascal Jaouen, professeur à Polytech’Nantes et directeur honoraire du laboratoire Gepea (Génie des procédés environnement – agroalimentaire). Son nom : Health-Phase.
Produire des molécules thérapeutiques…
Installé au centre de recherches technologiques de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), ce laboratoire de 70 mètres carrés vise à produire des molécules d’intérêt thérapeutique pour la santé humaine, issues des microalgues. De quoi marquer une étape majeure dans le développement de cette filière en Pays de la Loire.
Cela fait une trentaine d’années que ces chercheurs s’intéressent aux microalgues. « Mais on travaillait plutôt sur les biocarburants, par exemple », indique Pascal Jaouen. « Puis une demande a émergé autour de l’utilisation des microalgues dans la santé à partir de 2021. »
Health-Phase n’est pas qu’un projet académique. « Notre rôle, c’est de faire cette démonstration du passage de la recherche scientifique de haut niveau jusqu’au stade industriel ou pré-industriel », prolonge-t-il. Il a vocation à attirer des partenaires issus des secteurs pharmaceutique, vétérinaire ou nutraceutique (industrie des compléments alimentaires). Parmi les premières retombées attendues : la création d’emplois qualifiés dans les biotechnologies, l’accélération de projets deeptech en santé ou encore le renforcement de la souveraineté pharmaceutique française.
Source : La Tribune